vendredi 14 avril 2017

La marmotte et le martinet

Une petite fable affable sur le sommeil...




La marmotte et le martinet

Une fois n’est onques coutume,
Cette fable entre mammifère et bête à plumes.
Après hibernation, une jolie marmotte
Se trouva nez à nez
Avec un martinet.
Surpris, curieux, il la survole en rase-motte
Et l’apostrophe ainsi :
« Moi durant mes acrobaties
Je dors en volant et vis rêves et chimères ;
Pour vous, tout ce temps à dormir
Dans un trou, sans percer les mystères
N’est que pure folie et mieux vaudrait mourir ! »
Elle l’entend gentiment, lui qui a peu de pattes
Pour se poser, puis répond : « Oh ! Mon bel oiseau
Il vous faut monter haut, pour planer dans la ouate.
Dès mon réveil le monde est beau
L’hiver nous sommes au chaud et perdons du poids
Pour mieux vivre la végétation du printemps
Rongeant, broutant, vivant le temps
De nos amours, de joie.
Vous concernant, sans cesse en survolant les songes
Je gage le contraire,
L’esprit ne pouvant se soustraire
Du miroir aux alouettes ; et par les mensonges
  De vos rêves, on n’y peut réussir de la sorte. »
Là-dessus, notre oiseau s’emporte.
« Vous passez la moitié de la vie à dormir
Quand je refais le monde
En ne cessant de battre de l’aile sans fuir
Je suis loin comme vous d’être une moribonde ! »
Rêve ou réalité, inconcevable issue.
Faut-il mieux vivre que dormir ?
Question qui nous rend la pensée carrée-bossue
A nous faire embaumer de myrrhe.
Le doute nous accable en ces deux allouvis,
Dupes de leur savoir, sans trêve;
Mais c’est dormir toute la vie
Que de croire à ses rêves.

lundi 10 avril 2017

Le secret de la pyramide

Au contact de la société, et à la rencontre des autres, j'ai été influencé par d'autres humains. L'un de ceux-ci est le psychologue Maslow. Il est le père de l'approche humaniste, et la vérité de sa pyramide des besoins est toujours d'actualité. 
Il est né un premier avril, et ce sont ces vers dédiés qui m'animent en ce début de mois...

Le secret de la pyramide

Ça a du bon sens
Le beau lard
De la béance
L’arborescence
L’antécédence
La vie
La naissance
La faim
La soif
La bombance
Ce qui s’efface
Le respir
Le sommeil
L’oubli
Ce qui s’évanouit
L’évanescence
La vaillance de la voyance
Ça a du sens
Le travail
Le social
La bien-pensance
Ce qui construit
L’amour
Le désir
Ce bouillonnement d’effervescence
C’est ça l’essence
Le cœur moteur
Les amitiés
Les envies
Ce qui anime
De bienveillante confiance
L’estime du moi
La considération
Toute l’efficience
Qui stabilise
Les couleurs
D’iridescence
De la conscience
Ça a encore du sens
L’esprit
La connaissance
Ce résultat animique
De croyance
Le bon
Le beau
L’art
La quintessence
Ce résultat alchimique
Au bout du vit
De l’eau de vie
Quand bien même
Quand on aime
De rester toujours
Jusqu’au dernier jour
A la recherche de soi
Pour que ça recommence

samedi 8 avril 2017

Tryptique des amitiés

Un vieux poème expurgé des années 1980 écrit à Oppède le Vieux, pour lequel je trouve encore trente ans plus tard quelques attraits et vérités sur les aléas des amitiés.



Triptyque des amitiés

Faites-vous des amis
Mais surtout des vrais ;
Sinon des ennemis
Sans aucun attrait
Qui par épidémie
Se mettent en retrait.
Si vous êtes assoupi
Volent vos effets
Avec des « Youpis »
Forcent les méfaits
Ignorant l'infamie
Car jamais défaits
Font la Barthélemy
A grands cris d'orfraie
Masqués de bonhomie
S’enfuient satisfaits.

Faites-vous des intimes
Avant tout loyaux.
Souvent des anonymes
Aux regards cordiaux
Assurant l'intérim
Vous tapant le dos
Ils auront de l'estime
Sans faire de cadeau.
Pour l’ami qui déprime
Sont cœurs d'artichaut
Contre quelques centimes
Vous offrent le taux
Car ils aiment la frime
Vous trompent aussitôt
Puis se trouvant victimes
Quittent le bateau

Restent les confidents
 Avant tout les purs
Ce sont les plus ardents
Qui brillent d'azur
Point de genre impudent
Pas de clair-obscur.
Sont alliés fécondants
Sans aucun murmure
D'un amour évident
Vous font une armure
A leur corps défendant
Sans demi-mesure
Contre tout accident.

Amis d'Epicure
Doux sosies concordant
Ayez fière allure
En mon cœur résidents

lundi 3 avril 2017

A France

Le fatras est un poème à forme fixe mêlant l'étrange au chimérique. Il date du Moyen Âge et a disparu avec la Renaissance. Il commence par un distique, suivi d'un onzain. Le premier vers du distique commence le onzain, et le deuxième vers du distique termine le poème qui contient donc au total 13 vers, dont deux sont répétés.

À France

Le parfum de la fleur a du cœur la fragrance
D’icelui de ma mie tout l’esprit de ma belle.

Le parfum de la fleur a du cœur la fragrance
Vertige langoureux attisant l’attirance
Vers la dame si pure agitant ses brimbelles
Nos boutures engendrant tout son sang de garance ;
Par tout ce fol désir, elle a les préférences
On accepte libelles et on paye sa gabelle
Pour les clés d’une terre au bétyle à Cybèle
Et de ce grand amour recevoir l’assurance
De tous ses êtres unis qui en forment l’ombelle.
Elle a l’exhalaison cette patrie de France
D’icelui de ma mie tout l’esprit de ma belle.