mercredi 16 octobre 2019

Au gré des flots

Comme un bateau ivre, perdu en mer, qui cherche une ile de repos...



Au gré des flots

Roule
Déroule
Colporte-moi l’histoire
Sans gloire
Gueule
Dégueule
Transporte-moi en enfer
Sans plaire
Coupe
Découpe
Exhorte-moi au malheur
Sans peur
Prie
Je t’en prie
Dorlote-moi loin du stress
Sans cesse
Conte
Raconte
Conforte-moi vers l’Eden
Sans peine
Dors
Endort
Apporte-moi du rêve
Sans trêve
Chante
Enchante
Emporte-moi vers le ciel
Sans fiel
Donne
Pardonne
Escorte-moi vers l’amour
Sans détour.





dimanche 13 octobre 2019

Les naïfs et le madré

Une nouvelle fable sur la loi du plus fort, rusé de surcroit...



Les naïfs et le madré

Tout vilain prédateur
Joue entre le bien et le mal
Démontrons-le sur l’heure
Par une historiette animale.
Un beau pigeon biset
Très ramier et volage
Se disant globe-trotteur dégoisait
En rageant d’être en cage.
Une riche écrevisse attendait impériale
Un prétendant dans son bocal
Pour un grand amour mémorial
Avec un grand crabe royal.
Ces deux hurluberlus
Vivaient maintenant en reclus
Tous deux s’étant fait prendre
Aux ruses de maître Renard.
L’emplumé qui portait nouvelles tendres
Au rusé, avait cru le roux roublard
Proposant d’arrêter ses tires d’ailes
Pour une aire de repos fraternelle.
Volaille avait donné argent
Puis enfermé, le goupil avait insulté.
La deuxième sensible à l’entregent
Du malin, lui livrant stratagème en beauté
Pour attraper son crabe en monnayant argent
En fut tant appâtée
Qu’elle donnât à profusion sans coup férir ;
Et le résultat fut loin de la faire rire.
« J’ai trouvé bon que l’on te troublât l’eau
Pour que tu l’entrevisses »
Lui susurra notre finaud.
Dans le sable du pot, du crabe l’écrevisse
N’en vit rien !
Elle lui débita tous les noms de vaurien. 
Jamais le crustacé n’épousa le beau crabe
Jamais notre pigeon ne refit de voyage.
Maître Renard, bien enrichi tel un nabab
Aurait pu les relâcher. Mais leurs vils outrages
Le convainquit de leurs forfaits.
Il croqua le pigeon aux écrevisses pour sûr.
Qui oublie les bienfaits
Se souvient des injures.





jeudi 10 octobre 2019

Qu'importe

Il existe une telle différence entre aimer et se faire aimer...



Qu’importe


Vertigineux et démoniaque
Tel est l’avis de l’homme
Epineuse et insomniaque
Telle est ma vie !
Est-ce que j’aime ?
Ou est-ce que je pense ?
Je le sais bien quelque part
Je ne parle pas
Comme j’écris.
Aimer n’est qu’action
Penser n’est qu’affliction.
Le cœur, l’âme et l’esprit
Là est l’épine
Là est l’insomnie
Las, je me débine
Là je me renie
Las je me désarme.
Mais même proscrit
Je parle et puis j’écris
Sans ressentir les larmes
Puisque je le crie
Et l'écris :
Qu’importe se faire aimer
Pourvu qu’on aime.