mercredi 19 septembre 2018

Prise du château de la Conscience

En passant par la Bourgogne...


Prise du château de la conscience


Sur les bords du château inhabité
Où le soir couvre d’un halo, la lumière,
Mes pensées de mélancolie agitées
Abordent sans sérénité l’inconscient solitaire.
Dans les douves l’étendue d’eau inerte et sage
Par son miroir parfait renvoie un sourd message
Soufflé par quelque muse ou naïade expirante
Soulevant mon cœur d’une exaltation émouvante :
Était-il juste de parvenir au bout du chemin
Sans avoir maîtrisé le temps des parchemins
Sans percevoir le bout d’une destinée salutaire
Quand l’ivresse de la vie prétendait au contraire
Tout recommencer à zéro.
Pour mes enfants j’étais loin d’être un héros
Avais-je seulement le regard doux, sinon la colère ?
L’un l’autre sont les belles transmissions de la vie,
S’affrontant aux périls des angoisses de l’envie
Les avais-je aidé à porter l’amour en bannière ?
Sur les rives du château abandonné
Au bruit des ramures des arbres de la sombre tanière
Mes angoisses n’agonisant jamais, désordonnées
Se heurtent à ma prudence sans armure occultant le débat ;
L’esprit brinquebalant hésite à trouver son repos,
Quand l’âme, tout près du port veut lâcher le combat.
Qui du Diable ou d’Hermès a semé les appeaux ?
Tous les saints de l’histoire ne m’y aideront pas.
Après une heure ou une éternité à contempler la lise,
Au crépuscule fatigué de ne trouver la mise,
Quand du temps courant vers les ténèbres, le jour fait son trépas
  Aux lueurs de sang d’un suaire déposé par le ciel
Je déploie ce squelette dont les os sont en crise.
Et je marche à nouveau vers la sortie préjudicielle
En sachant que chaque jour est moins bonne la prise
Tel l’arcane sans nom, vers l’abyssal trou noir.
Sur les pourtours du château délaissé,
Je saisis ma fiole d’eau de vie et me remets à boire,
Pour oublier… la vie ratée, l’être blessé
Empreint d’humilité et perclus d’espoir
Arpentant l’instant présent comme seul bonheur de ma vie
Ne cherchant plus qu’à le vivre à l’envie
Éternellement.


mardi 18 septembre 2018

Dizain pour un vieux verrat

Le recours au dizain en utilisant des vers constitués de décasyllabes en dix mots syllabes... Un amusement comme un autre pour parler de la famille porcine.

Dizain pour un vieux verrat



La nuit fait peur du jour de la mort sure
Car le temps crée l’ombre au trou de la gloire
Il n’est point de porc où le feu ne dure
Si peu de fois au gré du vent d’un soir.
Il l’a vu en fleur dans sa robe en moire
Fuir sa flamme en sang sans un brin de cure
Lors, l’ire en lui, veut de la truie la hure
Peu lui chaut les lois, les chants de ses hoirs
Quand il faut qu’il voue au mal son cœur pur
Pour en rire un pied et non pas en choir
Le groin dans la soue hors le goût des mûres.





samedi 15 septembre 2018

En catimini

J'adore les chats d'autant qu'ils nous considèrent comme des chats... Je leur dédie cette fable.



En catimini

Deux poltrons minets ennemis
Dès potron-minet en catimini
L’un décati, l’autre en misère
Se toisèrent
A se leurrer, déterminés.
Ils avaient déminés
La veille au soir leurs embrouillaminis.
Et donc rentrant leurs griffes
N’étaient plus escogriffes.
Chat botté cherchant la touche
Chat huant non plus farouche
Quand ils se rabibochent
Font des charivaris.
Et nos deux chats ravis
De s’être mis en broche
Sans autre préavis
Se tapèrent la cloche
On fait mourir son ennemi
En se faisant amis
En catimini.



jeudi 13 septembre 2018

Mont Saint-Michel

En passant par la Bretagne avec mes sabots, je n'ai pu voir le Couesnon en sa folie mettre le Mont en Normandie.



Mont Saint-Michel


Mon ciel sait se vêtir
Mon seing de foi se mire
Mon ignorance est forte
Face à l’immortalité.
Mais où se loge la piété !

Mon sang ne sait mentir
Mon sein d’air pur respire
Mon espérance ouvre la porte
Face à la vérité.
Mais où se cache la fraternité !

Mon âme en sait le pire
Mon saint est privé d’élixir
Mon arrogance est morte
Face à tant de beauté.
Mais où se trouve la bonté ?