jeudi 23 août 2018

A ces jolis mots trépanés

D'un récent séjour en Provence, qui m'est une province et beaucoup d'avantage, me sont venus ces mots. Sans doute parce que la quitter est un déchirement et que je ne savais comment le dire.
J'ai toujours été facétieux, du moins le crois-je...



A ces jolis mots trépanés


Je fais résipiscence pour mes vers égotistes
Évoquant moult vieillottes remembrances
Qui ne manquaient nonobstant point de sémillance
Et mes rodomontades ne serviront plus à rien.
A quoi bon barguigner encore sur la valeur de mes libelles
A l’aube de ma promulgation subjective d’impéritie
Puisque j’ai floué mon ego aux tréfonds des bétoires de l’ennui.
Ajouterai-je aux lueurs de mes chimères un quelconque codicille,
Quelque ectoplasme sibyllin caressant la rime
Ou bien resterai-je ce bélître dans le bréviaire des scribouillards ?
Le chantre inaltérable de calembredaines et autres carabistouilles,
Rémanent cénobite livré à l’encan d’une cour des miracles
Ou quelques preux mais peu nombreux lecteurs se mirent encore.
Finalement peu me chaut !
Si je ne vaux pas tripette, je n’ai point d’ire à concasser
Car j’ai enfoui les vestiges de ma concupiscence
Au plus profond de l’acmé de mes espérances
Malgré ma ferveur décadente pour l’oxymore,
Et dès potron-minet je stopperai mes stances
Sans équarrir les pampres de strophes lancinantes
Abandonnant céans mon ombre valétudinaire
Sans plus de surannée envie pour la vilipender
Afin que sonnent les tambours du néant
Dans l’immense absurdité abyssale
Mettant fin aux logorrhées et autres billevesées
Auprès de cet imaginaire et opulent cénotaphe
Qu’on ne m’élèvera jamais.



lundi 20 août 2018

A nos trésors cachés

J'adore ce pays de France pour ses belles régions et la multiplicité de ces magiques lieux d'histoire... J'ai été fasciné entre autres, par le château Renaissance de Bussy-Rabutin en Bourgogne.




A nos trésors cachés


Quelque part en France
Autant dire de partout
Se trouve flamboyance
Et hommes de goût
Ayant laissé des traces
Souvent suite aux disgrâces.
Fantasque et libertin
Tel était Roger de Rabutin
Comte de Bussy
Aussi
Cousin de Madame de Sévigné
A l’Académie désigné
Et en même temps embastillé.
Son château des délices
Est d’un charme parfait
Étonnant de portraits
Exposant les vertus et les vices
De gens de cour en frise.
Son cabinet des devises
Sur peintures agrémentées de maximes
Montrent son brillant esprit
Sur les traces de Zosime
Car en tout l’alchimie le décrit
La belle architecture en phare
Aux multiples trésors
Au bord de douves aux nénuphars
Embellissant le décor.
Le rafraîchissant labyrinthe de charmilles
Mène à la jolie fontaine
Ou des canards mandarins frétillent
Là, on en goûte ses fredaines
A s’être fait chapitrer
Par ses allures coquines
Fier de la statue d’entrée
Où Pluton enlève Proserpine.



vendredi 17 août 2018

C'était Mandrin

Mon nouveau lieu de villégiature me porte à retrouver certains mythes historiques...


C'était Mandrin

Bien fait de corps, blond de cheveux, beau de visage
Doué pour l’effeuillage
N’ayant pas froid aux reins
Rebelle ou malandrin
C’était Mandrin

N’aimant point les nantis, ni Ferme générale
Sa lutte viscérale
En fut contre le fisc
Quand il prit tous les risques
C’était mandrin

Donnant aux malheureux, il chargea le nourrain
Contre le souverain
Et pour sa contrebande
Il a formé sa bande
C’était Mandrin

Commandant une armée de fourches et bâtons
Tirant du mousqueton
Il usait de bons mots
Bandit ou bien héros
C’était Mandrin

Trahi par un Judas, sur son propre terrain
Se mit dans le pétrin
Au son du tambourin
Roué un beau matin
C’était mandrin



mardi 14 août 2018

Le lys, l'iris et les roses

Cette fable argumentant à partir de nos plus belles fleurs souveraines... Toute une histoire.




Le Lys, l’Iris et les Roses

Casanova ou Dom Juan
Voilà les deux types d’aimants
Connus des demoiselles
Pour le délice de leurs zèles ;
Dans ce conte au pays des fleurs, le bel iris
Et le très majestueux lys
Tiendront leurs rôles auprès des roses
Voyons-en leur métamorphose.
L’iris ce jouisseur de la vie
Donne à toute rose les couleurs arc-en-ciel
Porteur de bonne nouvelle à l’envie
Il est fleur maritale pour toute pucelle.
La paix et l’innocence
Pour vivre sans limites dans la jouissance
Et n’être bien qu’au niveau charnel.
Heureuses jouvencelles
Crédules sur l’instant
Dans leurs pétales de velours
A un grand amour persistant
Lorsque tombe le jour.
Mais la ruse la mieux ourdie
Viens de la fleur aux pétales lancéolées
Fleur du roi Ulysse. Pardi !
Cheval de Troie, le lys de grâce auréolée
Faisant le siège aux forteresses
Toujours à babiller
Attendant leur détresse
Pousse les roses à se déshabiller.
Quand le lys déflore la rose
La belle en change de couleur
Écarlate et vertu fanée sur l’heure
Elle arbore ses épines pour sa nymphose.
« Je suis le glaive » dit le lys
« L’inclination au vice
Et ta vertu pareille à la beauté
De tes fragrances m’ayant transporté
Fait de cette alliance à ma liberté
Rechercher une autre virginité. »
La pure et innocente rose blanche
Symbole d’amour véritable
Ayant perdu sa vertu d’un seul coup de manche
En comprend le sens de la fable :
Les vierges, jolies pucelles et douces amies
Sont attirées par ces mâles
Amants ou ennemis
Et ne croiront au mal
Que quand il apparaît.
Pour le lys l’amour se finit mal
Pervers il voit la rose comme objet
A soumettre à son plaisir fatal
De prédateur masqué.
A l’opposé du libertin iris
Qui aime trop les roses énamourées
Les soulageant dans les délices
Du langage amoureux
De l’envie d’être aimé.
En fait ces roses exposées
Aux lumières des jours heureux
Savent que la mort venue ainsi les effeuiller,
En fera fleurir d’autres roses
Ignorant cette vérité
Que pour tout défendu on recherche la chose.
En fait, il ne s’agit point de voler l’amour
Ni d’humilier ou posséder l’autre alentour
Car le combat avec soi-même
Est le propre de l’homme
Droiture et dignité en somme
Résoudront le problème
De savoir essaimer
Le beau devoir de l’être humain
Qui comble le divin
Celui de l’art d’aimer permettant d’être aimé.