dimanche 14 février 2016

Avant toi

Entre l'eau pure et le feu ardent, la puissance du vent et le souffle de l'apaisement, des choses qui passent pour folles aux yeux du cheminant... sur les chemins de Compostelle sans doute...
En ce jour d'une fête purement laïque et commerciale est-il utile de rappeler que si les roses rouges sont bien l'emblème de la passion le saint fêté a été retiré du calendrier liturgique en 1969 ?



Avant toi

Avant toi que l’épouvante
L’esprit reniant le verbe
Dans la tragédie vivante
D’un univers qui invente
L’herbe pour donner la gerbe

Avant toi c’était le vin
Pour unique médecine
Protégeant le foie divin
 Crucifiant la foi en vain
Des maux d’effroi qui vaccinent

Avant toi crie le silence
Amertume de détresse
Pour exclusive sentence
Envenimant la souffrance
D’une absence de caresses

Avant toi point d’être humain
Sans amour pas de bonheur
Espérant un lendemain
Avec du sang sur les mains
Pour croire en la foi du cœur.

Avant toi c’était opaque
Pour ébaucher l’ascension
D’une renaissance à Pâques
S’extirper de ce cloaque
Pour connaître la passion.

Avant toi c’était l’impasse
De vie qui n’existe pas
Il fallait que je m’efface
Que je crève la paillasse
Pour cheminer sur tes pas.



vendredi 12 février 2016

Fête du Têt 2016

Afin de garder les traditions amicales nous avons fêté le Têt chez nos amis du Jardin d'Asie le restaurant typique bien connu des Grenoblois, en regrettant que quelques uns de nos habitués n'aient pu partager cette occasion en étant des nôtres.
Quelques vidéos ci-dessous en témoignage de la bonne ambiance pour la nouvelle année du Singe avec bien entendu les accompagnements de notre barde bien aimé.


-----> Vidéo 1 (cliquez sur ce lien)

-----> Vidéo 2 (cliquez sur ce lien)



mardi 9 février 2016

Désordres

A quel ami n'ai je pas fait visiter l'abbaye de Frigolet en Provence ? Une abbaye de chanoines Prémontrés avec son église abbatiale totalement décorée et Notre Dame du Bon Remède, qui n'a d'ailleurs rien à voir avec la liqueur produite, rendue célèbre par Alphonse Daudet et autrefois connue sous le titre d'élixir du révérend Père Gauchet.
Une aquarelle, toujours source d'inspiration, que j'avais faite de l'abbaye de Beaufort m'a rappelé le lien entre ces deux lieux : celui de l'Ordre des Prémontrés.
Puis mes vers sont venus sinon de l'Ordre, du moins en "Désordres". Étonnant, non ? aurait dit un célèbre humoriste.
Abbaye de Beaufort
Désordres

Azur semé de fleurs de lys
Bel écusson des Prémontrés
Mais qu’es-tu devenu aux vices
De temps qui soufflent ?

Sainte Marie Majeure dévisse
Qui n’a plus rien à démontrer
Sauf son vil palais de délices
De temps qui saoulent !

Beauport a sombré dans l’abysse
De croix n’a plus rien à montrer
Sinon l’agonie du calice
De temps qui souffrent

Seule, en offrant ses offices
Frigolet peut redémontrer
Par son bon remède propice
De temps qui sourcent.




Abbaye de Frigolet

samedi 6 février 2016

Le hérisson et les dames de la mare

Si mon éditeur en est d'accord, je vais finir par publier un recueil de fables illustrées de leurs aquarelles (A ce sujet un site intéressant que j'aime consulter et qui s'intitule "Rue des Fables"). Aujourd'hui je vous propose cette onzième fable s'attachant au jeu des forces et au fond des êtres.

 Le hérisson et les dames de la mare


Vers la mare d’une grenouille
Un hérisson un peu fripouille
Se nicha ; c’était un madré.
Une souris amie du batracien
Vit la boule d’aiguilles et s'approcha trop prés
Criant en se piquant au nouveau paroissien :
« Vous avez failli m’estropier ! »
« C’est qu’il ne fait pas bon me marcher sur les pieds ! »
Rétorqua le mangeur d’insectes et limaces.
Ne voulant pas perdre la face
Le rongeur héla son amie :
« Accourez ! Venez voir, le piquant salami. »
La grenouille  se pointa pour sauter sur la proie ;
Dès lors grand fut son désarroi
De voir un cactus ambulant
Pas du tout amusant.
Le Hérisson fâché voulu damer le pion
A la frimeuse en arguant la provocation :
« On lance un caillou pour voir sauter les grenouilles
Et non point troubler l’eau stagnante,
Quand l’homme vous voit sémillante
Vos cuisses sont alors bonnes pour leur tambouille ! »
La grise souris n’apprécia pas le propos
Et voulut venger l'infamie
En se moquant du paillasson
En le traitant de galipot
De porc-épic, de faux-ami
Que s’il n’était farouche, il était mollasson.
« Mes sœurs dit l’animal, ceci me justifie
Ce que sur la vie j’ai appris
La raison du plus fort : c’est moi, et c’est écrit ;
Et de garder ce lieu je vous mets au défi ! »
Point promptes à la bagarre
Partir devint leur cauchemar,
Lorsqu’un bohémien embusqué
D’un galet dans la mare
Attrapa le musqué
Pour en faire une carbonnade
Lors d'une sérénade,
Embourbant d’eau impure le pied des nénuphars.
Les deux femelles s’en louèrent
Tout en compatissant ;
Certes, elles n’étaient point des guerrières
Mais se faisaient du mauvais sang
Pour l'épineux ; par deux fois ses sentences
S'étaient retournées contre lui
Et sa belle assurance
N'avait porté ses fruits.
Elles contemplèrent leur monde
Maîtrisèrent leurs troubles
Observant l'étang souillé, cogitant qu'au fond
L’homme et le hérisson étaient semblables à l’onde ;
Dès qu'on se montre trouble
On ne voit pas le fond.

jeudi 4 février 2016

Sonné d'Amour

Voilà un jour d'anniversaire particulier... Ce blog a un an d'existence. Pour marquer cette date j'ai souhaité remercier tous mes lecteurs, et fêter l'instant sous le sceau de l'Amitié.
Montaigne disait " L'amitié se nourrit de communication ".
J'adore la Camargue et j'apprécie l'exercice du sonnet, je vous livre les deux pour illustrer le sujet.

Vers l'étang du Vaccarès


Sonné d’Amour

Vos silences ont comblé le vide des souffrances
Quand on est loin de moi, je vois que l’on m’ait cher
Toi l’allié qui m’écris sans chagrin, sans enchère,
Toi qui m’appelles au gré des vents de l’assistance,

Toi qui m’as quitté malgré nos ressemblances,
Toi qui es parti mettre tes jours en jachère,
Toi qui m’enchantes sur les couleurs de nos chairs,
Toi qui chantes l’amour depuis l’adolescence,

Tu as tant de valeur que tu n’as pas de prix
L'Ami. Je vous ai encré de mots, j’ai compris
L’alchimie qui à vie vous ancre dans mon cœur.

D’amour usant les maux, si forte est l’amitié
Amis cadeaux vitaux, dont je suis héritier
Vous êtes l’élixir d’âme et ma vraie liqueur.

mercredi 3 février 2016

En Off

Tout est nombre entend-t-on dire depuis la nuit des temps... Les pythagoriciens prêtaient serment sur la Sainte Tétraktys, pour qui tout dérive de la décade et tout y remonte.
La décade désigne aussi le temps...
Cette petite pirouette pour justifier cette strophe baptisée " En Off " composée de 10 vers de 1 à 10 syllabes, accompagnée de sa plume.
Tempête sur Roscoff

En Off

Bof !
Au lof
Cette strophe
Qui apostrophe
Tous ces philosophes
Qui de poisse sont profs :
Le temps n’est pas catastrophe
D'autant lorsqu’on est limitrophe
A l'air du temps des kalachnikovs !
J’aime tant la tempête sur Roscoff.