mardi 9 août 2016

Mélancolies

Deux ans de mauvais temps créent quelques mélancolies... que cette forme de poésie japonaise apaise. Tout n'est finalement que question de cycles, comme le dit le vieil adage populaire : Après la pluie vient le beau temps.

Mélancolies

Big-bang de l'espoir
Traces de papier carbone
Trou noir dissolvant

Le sang de la chair
L’athanor remue-méninges
Le double de l’âme

Ah ! Le temps d’amour
Envie d’un dessein de vie
Haletant de peur

D'un grand va et vient
Giclent des gouttes de pluie
Aux tréfonds du puits

Le chaud du berceau
Le sablier et la faux
Le froid du tombeau

vendredi 5 août 2016

Nectar et rififi

Le loup et l'agneau est toujours la plus connue des fables du grand La Fontaine, cette petite parodie qui évoque aussi le devenir de l'humanité... autour d'une histoire de pollinisateurs.
Pour une fois l'aquarelle est venue après.
 






Nectar et rififi

Une abeille, un papillon et un colibri
Gourmands, butinaient de jolies fleurs, à l’abri
D’un grand espace arboricole,
Puisant le doux nectar au sein de leurs corolles.
Ils avaient bec, mandibules, trompes et langues
Qui ne prêtaient point aux harangues,
Vu que chacun faisait recette en qualité
De goût pour le sucre récolté
Sur les beaux boutons mellifères.
Mais le plus beau des paradis
Peut vite devenir enfer
Quand du partage naît la tragicomédie.
À trop pomper, le champ d’action s’était réduit
Il allait manquer de produit.
Chacun revendiqua les lieux
Comme un bien hérité des cieux ;
Notre trio se montra plus que détestable,
En déclarant tout voisinage inacceptable.
Désirant montrer leur puissance
Tous mirent leurs sens en éveil
À la danse frétillante en huit notre abeille
Opposa un long bourdonnement de jouissance ;
Au vol arrière du colibri, l’ex chenille
Menaça de soumettre à l’effet papillon.
Après toutes ses banderilles
Ils se traitèrent d’histrions
Et rien ne put les arrêter dans leurs diatribes.
Les voilà sans dessein, sans moral, sans pitance,
Prêt à utiliser ce que les lois prohibent
Le mal, la force et la violence.
Notre reine des ruches et le beau transformiste
Eurent beau défendre de façon polémiste
Pollinisation datant de Melchisédech
Le bel oiseau les passa par le fil du bec.
Ainsi la puissance n’est pas dans la gloriole
Car la preuve, à le croire on ne voit fin venir.
Il en est ainsi des bestioles
Le passé n’est que souvenir
Où l’on se joue de l’avenir
Création et destin n’ont qu’à bien se tenir !
Le présent reste l’existence
Dont chacun n’est pas prêt à scinder son repas ;
La force est la seule puissance,
Sentencieusement, dont on ne discute pas.

mardi 2 août 2016

Nouveau monde

Trois mois déjà, je ne vois plus passer le temps... (On met du temps à comprendre que le temps s'accélère dès lors que l'échéance finale se rapproche).
Trois mois, l'âge de Lucas que j'ai pu revoir, et qui me fait songer à la lumière. 


Nouveau monde

À peine né, vaillant, le voilà qui se dresse
De lumière innée dont il a perçu la trace
Fier d’une origine jusqu’aux confins de Thrace
De l’amour d’une mère à l’immense tendresse.

Son corps ne triche pas, dénote son adresse
De l’arc de transmission, belle flèche vorace
Il embrasse la vie avec ardeur et grâce
Chéri par un père qui soutient, le redresse.

Pure floraison au temps des coquelicots
Du bel astre ascendant dont tu t’es fait l’écho
Essaime cette joie de tes yeux qui pétillent.

Tu empoignes les cœurs d’un sourire permanent
Du ciel tu irradies ton amour immanent
Va en ce nouveau monde, entraine ta flottille.