lundi 6 novembre 2017

Le chien, la truie et le dindon

En écoutant récemment un journaliste utiliser le terme d'ochlocratie, et en pensant à l'évolution du monde et de ses peuples ces derniers temps, il n'en fallait pas plus pour faire une fable...

Le chien, la truie et le dindon

A l’élection de basse-cour
Se présentaient aux voix
La mère des porcs au vibrant discours
Et un dindon aux errements grivois.
Les deux sbires étaient forts en gueule
L’emplumé glougloutait avec démagogisme
Quand l’odieuse bégueule
Grognait tous les truismes,
Son altruisme en trompe l’œil.
Le populisme en fer de lance
Les abritaient de tout écueil
Et aux bêtes donnaient confiance
A en perdre la voie
Une dernière fois.
Ainsi donc ils se ressemblaient
Comme deux gouttes d’eau
Par leurs fureurs, comblés
Elle aurait pu être dinde et lui le pourceau
Consacrés comme vaches en Indes
Sans faire affront aux cochons d’Inde.
Mais voilà que tout bloque :
Pendant que la truie soliloque
Il ne veut pas être le dindon de la farce
Et veut battre la garce ;
Mais la cochonne du bastringue
Connait trop le doux dingue.
Leur dément égo, la soif du pouvoir
Leur fait tout dénigrer, y compris le savoir.
Les deux roublards se toisent
Ils haranguent la foule
Ils flattent tant et si bien qu’ils dégoisent
A s’en montrer maboul.
Du caquetage la basse-cour aux abois
Plébiscite le chien
Soutenu de concert par chats, coqs, ânes et oies,
Car lui savait parler du bien :
« - Paroles de Truie et de dindon
Sont pareilles au charbon
Quand ça ne brule pas
Ça noircit ! Vous les fidèles votez pour moi
Non pas pour enjôleurs ou bien calomniateurs
Sinon prenez corbeau dehors !
Mieux vaut élire des corbeaux que des flatteurs
Ceux-là vivent des morts
Les autres des vivants
Au pays des moulins à vent. »
Le chien fut élu
Sans déblatérations ;
En termes d’élection
Un discernement démocrate
Vaut mieux que vulgarité ochlocrate.




samedi 4 novembre 2017

Brouillard

Des aléas climatiques, on peut s'arrimer puis rimer... sans ramer.



Brouillard

Dans le gris pastel délavé d’un ciel d'automne
Des corps aux contours ombreux glissant à vau-l'eau
Percent l’épais brouillard qui recouvre les flots
De sirènes stridentes et silhouettes atones

De mer une corne de brume monotone
 Alerte au danger drapé du voile flambeau
Des formes irréelles lévitant sur l’eau
Chimériques ectoplasmes que la mer gloutonne

Le piton rocheux d’où clignote le grand phare
De l’hallucinatoire donne le cafard
Car la purée de pois ferait peur aux bretons

Lors le soleil qui pointe dans ce ciel blafard
De ses rais orangés perce le crasseux fard
Libérant l’air pur de sa nappe de coton



vendredi 3 novembre 2017

La chatte et la puce

Enfin de mieux discerner fabuler et affabuler, je vous livre ce fabliau affable, sur d'imaginaires justifications des aléas tragiques du destin...




La chatte et la puce

Il était à Varennes jolie riveraine
Dont sa chatte, sa reine, se nommait Carène.
Itou à Varennes, un roi et sa reine
D’un saut de puce fuyaient l’état de déveine.
Il en est ainsi des rencontres
Une chatte, une puce en font ainsi la montre.
De bonne orthodoxie
Prénom, navire ou galaxie
Le roi, de la Carène en zieutant Canopus
Voulut que minou lui prêcha
S’être pris une puce.
Il tint à glorifier l’assaut d’un saut de chat
Il est bien normal que la puce l’imita.
Lors, en arrêtant l’attelage
Le roi cherchant sa bonne étoile
Regardant sous les toiles
S’était cacher dans son pelage
L‘altesse convint de pourvoir
A ce grand déballage
Car c’était question de pouvoir
Malgré que caresse de chat donne des puces ;
Lors il en fallut plus
En épilage et faufilage
Pour au chat lui donner quitus
Stoppant du fléau les piqûres
Quant à Carène lui redonner fière allure ;
Louis allait en perdre la tête
De faire autant sauter la  bête,
C’est la puce à l’oreille
Qu’il mit fin à la veille
S’extirpant de l’arène
Pour rejoindre la reine.
Il en faut de l’astuce
Surtout lorsqu’on se vautre !
Les envies sont comme les puces
Qui sautent d’un humain à l’autre
Mais comme elles ne les piquent pas tous
D’aucuns n’en n’ont pas les secousses.