samedi 8 février 2020

La préparatrice

On peut toujours arranger son quotidien en l'imageant par l'imagination...Il n’y  pas que la muse, qui me souffle des rimes. Parfois une peinture m’inspire. C’est le cas de celle-ci que l’on doit à Gauguin. Beaucoup de mystère entoure ce portrait tahitien. Le système d’écriture utilisé en fond et jamais déchiffré émane de l’ile de Pâques. L’ensemble offre un aspect mystique couvrant un secret inaccessible, me rappelant le charme d'une préparatrice en pharmacie... Souvent les rêves se brisent.

Les ancêtres de Téhamana de Paul Gauguin




La préparatrice


Sous son charme d'apothicaire lascive,
L’éphémère matin de la blouse blanche
Invitait le souffrant à devenir sicaire
Captivant ses regards au roulis de la hanche.
Au lavis du comptoir, à décroiser l’envie
De voir monter les fards, à broyer le cafard
le sucre aux lèvres, sur ordonnance ravie
L’impatient égrotant enviait la fanfare.
Au patient elle distillait au compte-goutte
De l’extase enrhumant ses bronches de spasmes
Le nectar d’une potion qu’elle voulait qu’il goûte
Preuve intangible et formelle de son art pour l’orgasme.
Délectant les neurones de l’union pharmacole
Éveillant l’émotion, délaissant protocole
Il la dépouilla des effets d’un regard luxurieux
Masquant la délicatesse de l’éblouissant délice,
Tout aguiché, pour céder l'âme à ce corps délicieux
Jusqu’à ce que mort s’ensuive pour couvrir sa complice.
Il l’entendit lui demander : Avez-vous votre carte vitale ?
Un coup au cœur ruinant l'espoir de décrocher la timbale !


jeudi 6 février 2020

Chimère d'enfer

Aux idées noires des insomnies, je livre cette transcription scripturale d'un noir poème illustré du château de Puivert un jour d'orage.






Chimère d'enfer


Je contemple la plaine des amours ravagées
L’irrémédiable aubaine d’un diable soulagé
Par ces combats impitoyables de futurs damnés
Qui lui livrent leurs vies de leurs haines mélangées
Sur le dernier champ de bataille.

Je scrute l’horizon des âmes anéanties
L’inéluctable misère des oracles garantis
Par ces débats déplorables d’esprits ensevelis
Qui délivrent des spasmes de logorrhées avilies
Sur le dernier cri des entrailles.

Je toise le spectacle des idées foudroyées
L’irréfragable vérité des ondes déployées
Par ces ébats inestimables aux égards employés
Qui enivrent les cœurs de sentiments égayés
Sur la dernière ligne de faille.




lundi 3 février 2020

Parchemin de vertus

A regarder les "gisants" dans la cathédrale de Nantes, et observer l'étrange lien des statues représentant les vertus cardinales avec les arcanes du Tarot, me sont venues les rimes de ce sonnet...



Parchemin de vertus


Auparavant, au fil du vent, j’étais battant
Tout épris de justice, et repris d’espérance
Par le mot qui tranche, l’épée et la balance
J’espérais vérité en trouvant la violence.

Au firmament, ni trop souvent, ni trop longtemps
Je parvins à contrôler mon cœur et sa souffrance
Grâce à l’horloge et aux mors de tempérance
En maîtrisant l’instinct animal et le temps.

Aux fers maman, je broie du noir, j’écris l’histoire
 Du damné, condamné au compas du miroir
Afin de rembourser l’addition d’imprudences.

Aux fins du temps, j’espère avoir du beau grimoire
Dans la fosse aux lions cette force notoire
Car il faut tant d’amour pour aimer le silence.






dimanche 2 février 2020

Tarot 21 - Sur le chemin des lemniscates

Poursuivons la route du Tarot avec celles des lemniscates. La lemniscate est une courbe plane ayant la forme d'un 8, comme celle que parcoure le soleil en forme de 8 couché, symbole de l'infini.





Le chemin des lemniscates
1-11-21
           
Il y a un an et demi (déjà ?) j’écrivais dans le premier post sur le Tarot (Les vertus cardinales) que l’arcane 11 de la Force servait de clé de voute à tout l’édifice du jeu ; elle est au centre de la cathédrale, telle une rosace qui indique comment poursuivre la deuxième partie du chemin. La Force est l’un des arcanes important du jeu. C’est le seul arcane qui n’a pas de complémentaire et qui a deux doubles. Les complémentaires se calculent par rapport au total 22 (car 22 arcanes majeurs). Ainsi sont complémentaires : 1 et 21, 2 et 20, 3 et 19, etc. Mais avec le 11 on ne trouve que 11 à nouveau pour faire 22. La Force n’a pas de complémentaire ; elle est donc bien un pont, la clé de voute de l’édifice. Quant aux doubles, ils sont liés par dizaine comme 1 et 11, 2 et 12, 3 et 13, etc. jusqu’à 11 et 21. Ici on notera que la Force est le seul arcane à avoir 2 doubles à la fois avec le 1 et le 21.
Mais de prime abord quid d’une lemniscate ? Une lemniscate est une courbe plate en forme de huit couché dont le centre de croisement est son centre de retournement : le nom vient du latin qui signifie ruban. Pour Pythagore le 8 incarne la Terre, il est symbole de l’harmonie, de l’amour et de la sagesse. Le 8 est aussi devenu symbole de l’infini qui pourrait remonter jusqu’au Dieu Vishnu et son serpent infini, de même que l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, symbole d’éternité, de fécondité, de connaissance universelle. Ensuite nous l’avons vu aussi, le Tarot peut se présenter sous forme de roue (Tarot-Rota-Athor-etc.) comme un livre sacré qui dispose de plusieurs entrées et de multiples lectures, rappelons à titre d’exemple celui présenté lors de mon dernier post (les quatre portes 1/6/11/16) ou encore le cycle des 3 septénaires qui font 21 cartes, de 1 à 7 le septénaire du corps, de 8 à 14 le septénaire de l’âme et de 15 à 21 celui de l’esprit. Mais aujourd’hui ce sont les lemniscates qui nous intéressent. Le Bateleur lance les dés qu’il a sur son établi, il est au début du jeu, et ce n’est pas un hasard. Le dé a 6 faces, et la série de chiffres placés sur l’hexagone forment une roue, qui peut faire penser à l’ouroboros, ce serpent qui se mord la queue... Ainsi les six faces du dé indiquent une forme de parcours, qui va du 1 (la tête) au 6 (la queue), qui fait que le 1 devient 6 en se mordant la queue. En perpétuant ce mouvement, du 6 on va au 11, puis du 11 on progresse au 16 et en faisant encore un tour de roue, on arrive au 21. La chaine ainsi créée : 1, 6, 11, 16 et 21 est un nouveau chemin de ronde et de lecture qui outre avoir suivi le mouvement de l’Ouroboros nous révèle un autre pan du grand livre du Tarot. Après quatre rotations le Bateleur en progressant dans son chemin de vie et labyrinthe, procède au processus de transmission et de changement. Le symbole de l’Ouroboros est celui de l’Alchimie mystique. Le Bateleur entame comme pour l’arbre de vie, le périple initiatique à travers les 22 arcanes majeurs. On avait déjà vu le chemin particulier du 6 au 16 de l’AMOUREVX à la MAISON DIEV, les 2 seuls arcanes ou les « U » sont en « V », (Un des passages du Tarot du 6 au 16). Occupons-nous maintenant du cheminement de ces 3 autres arcanes. On observe de suite que les personnages du Bateleur (1) et de la Force (11) ont des chapeaux identiques en forme de lemniscate (cette courbe en forme de huit couché symbole de l’infini). Mais alors, quel peut-bien être leur rapport avec l’arcane du Monde (21) qui est placé à l’autre extrémité ? En effet, 1, 11 et 21 représentent les deux extrémités et le centre du jeu. Observez bien la carte 21 du Monde, elle nous dissimule deux lemniscates dans son image. Les deux rubans rouges qui attachent la mandorle – cette figure en forme d’ovale ou s’inscrit des personnages sacrés, terme qui vient de l’italien mandorla qui signifie amande, donc ovale - en haut et en bas, forment chacun un huit renversé. On en voit qu’une partie, l’autre partie étant cachée par la mandorle. Voilà que Le Monde contient les deux infinis... du 1 et du 11. Ceux-là mêmes des arcanes du Bateleur et de La Force. Car par ailleurs, Le Bateleur débute le premier cycle de 1 à 10, (le 10 de la Roue de Fortune) et c’est après, que la Force poursuit avec le deuxième cycle de dix, de 11 à 20 délimitant pas son lemniscate le nouvel infini. Comme toujours le Tarot donne la réponse : deux cycles de 10 font 20 cartes, contenues en totalité dans l’arcane du Monde, qui représente la totalité du jeu, d’où le rappel des deux infinis par les deux rubans rouges. Les arcanes 1, 11 et 21 marquent donc le temps de l’infini, mais aussi l’ouroboros enfermant dans son cercle la totalité, ou un lac d’amour, tout en rappelant que la lemniscate est aussi la figure donnée par le parcours du soleil dans le ciel reportée par pointage jour après jours sur un cadran solaire. Cela révélé, plaçons dès lors les 21 nombres sur cet infini qui passe par 1, 11 et 21. Les deux séries de 10 se superposent comme dans un miroir. Ce symbole de vie qu'est la Lemniscate nous accompagne dans le processus d'évolution. Dans les mouvements de l’Univers il existe trois mouvements fondamentaux que nous retrouvons dans la lemniscate : la ligne droite expression de la volonté qui se projette à l’infini dans un alignement parfait ; le mouvement de l’hélice que représente la spirale, ce mouvement qui attire, rassemble et relie, symbolisant le cœur et l’amour ; et le mouvement circulaire, point et cercle étant le symbole de la volonté créatrice, vecteur de transmission qui s’étend et se reproduit. Nous vivons également ce mouvement dynamique dans la profondeur de notre corps, dans nos paroles et nos expressions créatrices, en lien avec les éléments de la nature. Ces trois mouvements se combinent entre eux, composent notre univers, et pour l'exprimer symboliquement, ils se retrouvent dans notre corps, par l’intermédiaire de notre Adn, cette spirale de vie, cette hélice qui conditionne nos actes, nos expériences psychologiques, nos représentations mentales voire notre libre arbitre. Comme pour notre Adn, la lemniscate est une forme de mouvement spiralé à travers lequel s'exprime, de manière spécifique, le mouvement de la vie. En fonction de son histoire et de sa personnalité, chaque individu répond de façon différente aux critères de l'un ou l'autre de ces mouvements, tout en possédant les trois en lui. Par analogie, comme dans l’Univers gravitent les cellules formant individualité et conscience humaine pour s’unir fortement dans la chaine de l’humanité. En naissant au Bateleur qui après avoir lancé les dés, à tous les outils sur sont établis pour parcourir le monde, (ceux qu’il connait déjà et ceux dont il va apprendre à se servir lors de son premier parcours), en arrivant au bout sur l’hélice de la roue de Fortune (en 10) il va trouver la Force (en 11) couverte du deuxième lemniscate, avec ce courage il va affronter le deuxième cycle en se retournant avec le Pendu (en 12) et poursuivre sur l’arbre de vie pour atteindre le Monde. Ce qui revient au final, de tendre vers l'harmonie, la beauté, et le bonheur. Le chemin des lemniscates est celui de la fluidité qui guide et associe corps, âme et esprit, pour prendre conscience de ce Monde, approfondir la connaissance de soi, améliorer la construction en cours d’élévation, dans une chaine humaine de cœur et d’adn, qui permet d’amplifier la dimension de l'humanité par l’atteinte de la Force spirituelle.