jeudi 16 janvier 2020

Les mots en gerbe

Il y a longtemps que je ne m'étais pas amusé à jouer avec les mots...



Les mots en gerbe


J’aime les mots
Les mots m’aiment
Et quand bien même
Je hais les maux
Ceux-ci aussi m’aiment ;
C’est là le problème
Car le mot pour rire
C’est leur stratagème
Et même serait carême
Je connais le barème
Alors pour théorème
Et c’est mon dernier mot
Il faut qu’on m’aime.
J’aime les chats
Ils aiment la crème
La crème des mots
Quant aux chameaux
Ça déblatère
C’est là le dilemme
Quand bien même
Ces vilains mots
Restent terre à terre.
J’aime les chapeaux
Comme un emblème
Quand on est blême
Près du caveau
De ceux qu’on aime
Décimés trop tôt
Devenus décimaux
En échangeant des mots
Avec des animaux
Pour le parjure
Puis l’anathème.
J’aime aussi les esquimaux
Normaux
A la vanille
J’aime tous les mots
Pianissimo
Du primo
Comme au dernier
Même si c’est un peu niais
D’avoir le dernier mot
Le mot à dire
Voir à maudire
Ou le bon mot
Le mot d’esprit
Celui qui prie
Qu’importe le prix !
Sur ces bons mots,
J’aime encore les mots
De ce poème
C’est bien là le cabot
A demi-mot
Qui sans problème
Répond à son système
De démo.






mardi 14 janvier 2020

Aux dires de la Sibylle

L'érosion du temps sur les comportements face à l'adversité, me porterait à dire tant de choses...




Aux dires de la Sibylle

Vers une belle aurore de rose poudrée
S’est levé le rideau noir de l’oubli enfui
Masquant les espérances défuntes cendrées
D’une indicible et triste volonté enfouie.
Dans le glacial silence lugubre rompu
Avec un cri primal de bronches affolées
Suite à une agression vitale, corrompue
Par la Sibylle, se flouent mes espoirs violés.
La sublime prophétesse a beau jeu de rire,
Porte-parole divin de loi imposée
Au fin millefeuille de mes questions posées ;
Car pourquoi guérir, si je ne peux m’aguerrir ?
L’amour disait-elle se doit d’être nourri
De foi, d’amitié, de partage et de croyance,
Sinon l’arbre de vie fera des fruits pourris
Nombreux, malsains, collants, empreints de défaillance.
Or les amis distillent leurs bons de sortie
Estampant les rapports, et masquant les envies,
Effaçant les apports et oubliant la vie,
Confits de mensonges et simagrées assorties.
S’ajoute aux souffrances ce vain cœur mort qui saigne !
Pourquoi leur en vouloir et trouver cela laid
Quand on sait que le grand humaniste Montaigne
Délaissa lui aussi les lépreux bordelais ?
Aux sibyllins mots de la pythie, point d’union,
Et vis-à-vis de mes compagnons point de sienne
Comprenant bien que quitte à jouer l’arlésienne
Déçu des gens avides et tendres à l’opinion,
Je vais me laisser embrasser par la phrygienne
Camarde, que je remercierai en leur nom.