mardi 9 juin 2020

TAROT 28 - La piste planètaire.

La piste planètaire.

           

Le Tarot est le véhicule occulte d’un enseignement philosophique profond, il est véritablement un jeu de carte (ou livre) pédagogique. La source antique pour désigner Dieu (Phanès) était l’androgyne qui est né de l'œuf primordial du Monde quand il est séparé en deux entre le temps et la nécessité impérieuse (voir arcane 21). La partie supérieure de l'œuf devenant le ciel tandis que la partie inférieure est la terre. Le symbolisme entre christianisme et monde antique est évident sur l’arcane 21 représentant le Christ en croix dans une mandorle avec les 4 évangélistes. L’âme dévêtue du corps s’élève et domine les 4 éléments, c’est l’âme du monde. L’horloge zodiacale est capitale et assimile l’astrologie, aux conceptions philosophiques et religieuses. Le Diable, exprime le lien entre la sexualité et la damnation. Il nous faut en tant qu’être dépasser le plaisir physique. C‘est la symbolique du mythe de la Caverne et ses prisonniers avec le caractère de la perception illusoire des sens. La caverne de Platon est l’illusion, la prison dont l’homme est enfermé ; car il ne sait pas identifie ce monde sensible et ne peut se convertir vers la lumière de la Liberté : le Bien. L’enfer chrétien représenterait l’état de l’âme après la mort, c'est-à-dire une prison psychique pour vivre parmi les illusions. Alors pour s’en  élever une nouvelle lecture des cartes s’offre à nous, une lecture basée sur le planétaire de notre système solaire. Le jeu (rappelons-le) repose toujours sur des cycles des 3 fois 7 ou des 7 fois 3, avec le fou (ou bien l’excuse) qui joue rôle du 22 me maillon séfirotique.

Ici, notre âme se dispose sous la forme des 7 astres avec 3 niveaux : le céleste, l’intermédiaire et le terrestre. Ainsi la Terre étant le Mat (0), Mars (Masculine et guerrière) représente la violence avec le 5, 10, 15. Le Pape, la roue de fortune aléatoire et le Diable tentateur. Vénus (Féminine et amoureuse) est la douceur avec le 2,6 et 17, la Papesse mère initiatrice, l’Amoureux et l’heure des choix, et l’étoile de l’élévation. Le Soleil et la Lune expriment en parallèle la dualité avec le féminin/masculin de l’Impératrice et de l’Empereur des 3 et 4, alternant le jour et la nuit du Soleil et de la Lune des 19 et 18 et l’action ou la contemplation des 11 et 9 que sont la force et la prudente sagesse. Mercure utilise les usages de la parole avec les 1, 12 et 16 (bateleur, pendu et Maison-Dieu) usages de la persuasion, de la confusion et de la trahison. Saturne exprime la justice divine et la fin dernière, avec les 8, 13 et 20 de la justice, la perte du corps et du jugement dernier et enfin Jupiter révélé la lame du 21, l’âme du monde céleste, par l’intermédiaire de la tempérance du 14 et du 7 de la victoire de l’âme terrestre.

 

 

lundi 8 juin 2020

TAROT 27 - Les dés du baleleur

 

Les dés du baleleur

           

Depuis deux ans, les différents « posts » de mon blog émis sur le Tarot, ont cherché à montrer que chaque dessin représentatif de tout arcane, toujours simple et coloré, propose une idée généraliste de sa représentation comme la lune, le soleil, le bateleur… En observant néanmoins chaque carte, plus longuement, chaque image aux couleurs lumineuses, dévoile un autre univers, en évoquant de multiples symboles décryptés largement autant que faire se peut… Mais si l’on descend encore plus finement vers chaque détail, la lame alimente toujours et sans cesse la réflexion, donnant encore un sens aux sens. Prenons pour exemple dans l’arcane du bateleur (n°1) les dés qui se trouvent posés sur la table… Nous aurions tout aussi bien pu parler de la main blanche de l’Hermite tenant le bâton (n°9) des ustensiles et de leur position tenus par le maître du chariot et tant d’autres et multiples exemples, chaque détail ayant une explication, y compris les nombres de boutons des vétements. Le bateleur a beaucoup de chose sur sa table, dont des dés. « Dieu ne joue pas aux dés » a dit Einstein. Mais cependant ces dés du bateleur (le sens général de l’arcane ayant été développé dans le post n° 7 du 3/07/2015) ne sont pas le fruit du hasard.

Les dés ? Combien sont-ils et qu’indiquent-ils ? Chez les imagiers du Tarot une véritable bataille a existée lors de la reconstitution du Tarot de Marseille ; les différents maîtres cartiers se chamayant sur le nombre de dés posés sur l’établi du bateleur. Etaient-ils 2 ou 3 ? Conver le plus ancien connu dessine 2 dés, quand le Tarot de Noblet, quasiment seul affiche 3 dés. La plupart des jeux proposent 2 dés, mais le sens explicatif tend vers le même but. Regardons leurs faces visibles : pour deux dés (fig.1) ce sont le 1 et le 5 (dont le total fait 6) et pour trois dés (fig.2), nous trouvons le 1,2 et 4 (qui font un total de 7). Toute autre représentation (fig.3) évoque un tarot mal expliqué ou non compris.

Revenons rapidement sur la représentation numérique du monde universel. Il est représenté par le 78 comme étant le nombre moteur de l’Univers tout entier (d’où les 78 cartes du tarot) avant et après la manifestation. Dans l’évangile, la généalogie de Jésus compte 77 noms qui ajoutés au sien font 78. Pour les Hébreux, 78 est 3 fois le nombre de Dieu qui est le 26. Dans toutes les religions le 77 donne toute son importance, Dieu étant partie prenante, comme le jeu de Tarot offre bien 77 arcanes auquel il faut ajouter l’arcane du Mat qui est non numéroté pour faire 78 cartes. Le Mat non numéroté + 21 arcanes majeurs + 56 arcanes mineurs font bien 78. Le nombre d’arcanes majeurs numérotés est de 21. Or 21 n’est divisible que par 3 et 7. Cela signifie bien dès l’origine du Tarot, une volonté pour que tout initié porte son attention sur les chiffres 3 et 7 comme étant en relation avec le monde sacré, celui des arcanes majeurs. Le monde des arcanes mineurs étant quant à lui partagé en 4 familles, et réservé au domaine du 4 c’est à dire le domaine du quaternaire matériel. Dans le Tarot, 56 est le nombre d’arcanes mineurs et 21 le nombre d’arcanes majeurs portant un numéro en chiffres romains. Les dés rappellent symboliquement ces faits : le nombre de combinaisons possibles avec 3 dés est de 56 (comme le nombre des arcanes mineurs) ; le nombre de combinaisons possibles avec deux dés est de 21 (comme le nombre des arcanes majeurs numérotés) ; si on ajoute les six faces différentes d’un dé, on obtient 1+2+3+4+5+6 = 21 à nouveau. Alors revenons à ces maitres cartiers qui ont redessinés l’arcane du bateleur, certains avec les 3 dés, d’autres avec 2 dés. Lorsqu’il y a 3 dés, chaque dé nous montre les faces 1+2+4=7 (fig.2). Il n’existe pas d’autre solution que 1, 2 et 4 pour obtenir 7 à partir de trois faces d’un seul dé. Et 3 dés par 7 font 21. Enfin, si vous ajoutez chaque face d’un dé avec la face opposée, vous obtenez : 1+6=7… 2+5=7… 3+4=7… Nous avons à nouveau 3x7. Le Tarot rappelle l'importance du septénaire et du chiffre  7 :  7 jours, 7 phases, 7 étapes, 7 chakras…. Avec des lames majeurs du Tarot au nombre de 22, mais dont il n’y a que 21 lames numérotées. Une référence aux 7 degrés, représentant le Grand Œuvre dans son accomplissement. Trois arcanes par degré. Chose fort curieuse, à chaque degré la réduction numérique est de 6. Comme l’indique le tableau suivant :

1 à 1 + 2+ 3 = 6 à 6 

2 à 4 + 5 + 6 = 15 =1+5=6à 6 

3 à 7 + 8+ 9 = 24 =2+4=6à 6 

4 à 10 + 11 + 12 = 33=3+3=6 à 6 

5 à 13 + 14 + 15 = 42=4+2=6 à 6 

6 à 16 + 17 + 18 = 51=5+1=6 à 6 

7 à 19 + 20 + 21 = 60=6+0=6 à 6

La plus grande confusion règne au sujet de l'Étoile de David (qui a 6 branches) et l'Étoile de Salomon (qui a 5 branches)... D’où le symbolisme essentiel du sceau de Salomon, symbole de l’unité entre le microcosme et le macrocosme. Il faut comprendre que le Tarot est une suite d’arcanes qui se révèlent 3 par 3, et que l’addition des arcanes d’un même groupe de 3 aboutit toujours au chiffre « 6 » celui de l’amour ; il s’agit de 7 groupes de 3 arcanes qui chacun ont la somme de « 6 »... car l’Amour est la somme de toutes les manifestations. D’où la volonté pour les maîtres cartiers dessinant 2 dés avec pour faces visibles 1+5 = 6 (fig.1). Chacun de ces groupes avait sa raison, et cette dernière restait alignée sur le même axe, malgré ces divergences. Avant de s'engager dans le processus alchimique de métamorphose du 3ème septénaire, on doit s'assurer de posséder les clés qui ouvrent les portes des Arcanes. Il n’y a sans doute qu’une seule manière d’aborder les 7 derniers arcanes du Tarot qui forme le 3ème septénaire... Et cela veut dire, aborder d’entrée le Diable et la Maison Dieu... C’est revenir au fameux passage du 6 au 16, de l’Amoureux à la Maison Dieu (voir le post n°2 du 22/02/2015). Il faut avoir passé les épreuves du 2ème septénaire, certes, mais surtout détenir les 4 clés qui permettront de poursuivre notre route sur le chemin de l’initié, en ouvrant les portes des Arcanes de la « transmutation ». Ces 4 clés sont nécessairement 4 arcanes du 2ème septénaire ; elles sont un bagage indispensable à tout initié qui veut poursuivre sur la voie de l’initié. Il s’agit des 4 vertus... (voir le post n°1 du 5/02/2015 sur les vertus cardinales). Ainsi parvenu au centre d’une étoile à six branches, le postulant devient le cœur de l’Étoile et l’Amour est au centre de lui-même. Ainsi la représentation des dés, qu’ils soient 2 aux faces 5+1 qui font 6, ou 3 aux faces 1+2+4 qui font 7 éclairent (dans le détail) les phases essentielles du cheminement du livre : L’Amour (6) étant la somme de toutes les manifestations est à l’origine du « doute » ou de la « foi », qui cherche à s’accomplir par la position centrale de l’étoile avec le chariot de l’arcane 7 du Tarot qui symbolise la Victoire (arcane qui dans certains jeux portent ce nom).

dimanche 7 juin 2020

TAROT 26 - La Roue, Rocace du Grand-Oeuvre

 

La roue, rocace du Grand-Œuvre.

           

La Roue de fortune (comme la cathédrale) n'est pas une simple représentation de l'Univers, par le rite qui s'effectue autour de l'essieu (autel), elle propose la communication entre le lecteur et les principes cosmiques. Elle est l’athanor de transformation du profane au sacré. Le Sphinx connait l’énigme, le tout étant de trouver la voie. En partant du monde de l'ignorance et de l'obscurité ou se dirige le singe (Ouest), vers le monde de la lumière ou remonte le chien (Est), on se dirige vers le mystère de nos origines. Subir ou s’adapter tel est le sujet. Ainsi, la carte met en exergue le parcours de transmutation de l'être. Ce pèlerinage vers l'intérieur est le symbole de l'alchimie du Moyen-âge illustration du vieil adage de la transmutation du plomb en or. Grand nombre de cathédrales présentent, dans leurs médaillons, la connaissance alchimique des Bâtisseurs. La sculpture comme le Tarot est une écriture sacrée aux éléments hautement codifiés qui obéit aux règles d’une mathématique sacrée, dont le dessin et le positionnement des symboles ont une importance capitale. Dans la roue de fortune l’œil de l’homme peut contempler la clef mystique. Évidemment, les bâtisseurs de cathédrales connaissaient le secret des arcanes du Tarot... Ils en ont entretenus les énigmes en les exprimant dans le jeu. La recherche alchimique prône l’idée que tout provient d'une unique substance dont nous sommes devenus des entités particulières différenciés, dont l'évolution est le retour conscient vers l'unité originelle. La vocation de l'architecture sacrée, au Moyen-Age était appelée « Art royal », où l'être devait se libérer de sa prison matérielle, par une transformation intérieure. Cette technique d'ascèse matérielle et spirituelle se réalisait à travers trois œuvres. L’œuvre au noir consiste à dissoudre la matière première. Le singe ignorant récupère son état grossier et impur du départ, afin de permettre d’expliquer le fonctionnement de la psyché. C’est la descente aux enfers, la traversée du désert où l'on recherche la cause de la douleur. Il faut descendre au plus profond de sa propre nature ténébreuse, pour y affronter son minotaure, son instinct encore animal, et le maîtriser. L’œuvre au blanc permet de sortir de cet état infernal. Il convient de transformer l'instinct maîtrisé en intelligence afin de donner accès aux lois de la Nature. Avec la remontée ascensionnelle du chien, la volonté d’un élan vertical, suite à ce mouvement de purification, ouvre le chemin de la lumière, permettant à l'Esprit de s'incarner par l'œuvre au rouge, représentée par le Sphinx reliant la matière à l'universel. C’est l’atteinte de la porte de l'éternité, la volonté du don de soi, pour le bien de l'humanité. Ces trois parties de l'œuvre s'associent également aux trois parties de l'être humain : le corps (singe), l'âme (chien) et l'esprit (sphinx). Dans la cathédrale du Moyen-Age, elles sont reliées au Graal. Le Graal est porté par trois Tables : une ronde, une carrée et une rectangulaire, de même surface dont leur nombre est 21. Bien évidemment, il s'agit des 21 arcanes majeurs du Tarot, la roue étant divisée en 3 septénaires. La roue de Fortune indique que les 21 Arcanes du Tarot sont à la base du secret du Graal, dont chacun des trois septénaires est en rapport avec une partie de l'œuvre. La cathédrale possède aussi ses trois clés de la porte spirituelle pour accéder à l'éternité. Comme en ce qui concerne la cathédrale, le Tarot est un temple initiatique qui ouvre la voie de l'alchimie spirituelle. Les 3 étapes du processus initiatique de transmutation étant les trois septénaires, qui sont les trois clés, les trois phases qui permettent d'accomplir le « Grand Œuvre ». Il s'agit de comprendre ce « jeu » comme un outil de communication avec l'invisible, qui offre en même temps les règles de sagesse à acquérir. Les rosaces stylisées que l'on retrouve dans les cathédrales des bâtisseurs ne sont rien d’autre que l’illustration de la Roue de Fortune du Tarot.  La manivelle de la roue (la rose de la rosace) ne « parle » que si on actionne la porte qui mène au divin. Une fois en mouvement la magie opère, comme la lumière qui passant les vitraux révèle l’histoire de la gloire qui trône en son centre.

 

mardi 2 juin 2020

Tarot 25 - Le Monde et l'Apocalyse

Et si merveilleux Monde signifiait la fin ?



Le Monde et l’Apocalyse
           
Et si ce beau 21 du MONDE, n’était qu’Apocalypse ?
Cet arcane n°21 que l’on trouve au bout du chemin du Tarot et qui s’appelle Le Monde est-elle la fin d’un monde, sinon la fin du monde ? A la fin de ce troisième septénaire l’individu découvre le but de sa quête, le lieu idéal, un équilibre acquis prenant appui sur les principes cosmiques, ce que d’aucuns appellent la Jérusalem céleste. L’un des privilèges de l’initié du grand arcane, c’est la divination. Deviner, c’est exercer la divinité, une équivalence de l’homme-dieu. Etre devin, selon la force du mot, serait donc être divin. « Ainsi est le sage. Il embrasse l’Unité. Il vit caché et pourtant tous le voient ». Le nombre vingt-et-un a pour lettre hébraïque Shin, nom divin signifiant le « tout puissant ». C’est la marque de l’Hiérophante (arcane n°5) parvenu au plus haut degré de l’initiation. Il n’y a plus ni fin, ni commencement, ni naissance, ni mort, tout est accompli, c’est la signification du dépassement de l’entendement, le couronnement de l’œuvre. Naissant à ce nouveau monde l’androgyne nu au centre de la mandorle de lauriers, (qui a la position inverse du pendu renversé (arcane n°12), avec l’écharpe enroulée comme un serpent, le plus rusé des anges, celui qui conduit), possède toute la sérénité du beau, l’expression de la vérité et de la perfection. Ce personnage central, c’est le monde qui danse. Le corps s’est révélé être le Temple de la réalisation, le lieu de l’incarnation de l’esprit. Unifié, il repose sur un seul pied, la terre n’est rien d’autre qu’un point d’appui : un marchepied. La baquette tenue à la main lui permet de capter les énergies positives. Cette guirlande de forme ovale rappelle celle de l’amande, symbole du mariage, unissant les quatre éléments. Étant tournante, elle devient alors le zodiaque, roue d’Ezéchiel dont les points cardinaux sont marqués par le quaternaire kabbalistique correspondant aux saisons, aux éléments… Aux évangélistes : respectivement : l'ange de saint Mathieu, le taureau de Luc, l'aigle de Jean et le lion de Marc. Ils sont les représentations des 4 vivants d’Ézéchiel et de l’Apocalypse : « Devant le trône s’étendait une mer limpide comme du cristal : face au trône et à l’entour se trouvaient quatre Vivants ayant des yeux partout, devant et derrière. Le premier Vivant ressemblait à un Lion, le second à un taureau, le troisième avait comme un visage d’homme et le quatrième ressemblait à un aigle en plein vol ». Ces 4 figures représentent : le Taureau (symbole de la Terre) puissance de la réalité matérielle, le Lion (symbole du Feu) puissance de la lumière qui vivifie, l’Aigle (symbole de l’Air) représentation de l’esprit, les courants de la fraternité, le lien entre le ciel et la terre, l’Ange (symbole de l’Eau) puissance de l’amour. C’est le quaternaire cosmogonique du Taureau, de l’Aigle, du Lion et de l’Ange. L’Ange et les trois animaux sacrés sont représentés dans le Ciel par les étoiles situées aux quatre points cardinaux : Adelbaran ou l’œil du taureau, Régulus ou le cœur du Lion, Altaïr la lumière de l’Aigle et Fomalhaut du Poisson austral qui absorbe l’eau que répand le Verseau. Tout cela s’accomplit ici et maintenant car nous vivons dans l’illusion du monde.
Pour connaître le monde, il faut se connaître soi-même. Parole d’évangile « Celui qui connaît le Tout, s’il est privé de lui-même, est privé du Tout. De nos jours, le langage commun utilise le terme d’apocalypse comme la fin des temps dans un chaos infernal, une destruction totale, et la disparition de l’homme. L’arcane du Monde est donc celui de l’analyse et de la synthèse. Pour exister le monde a besoin d’être réfléchi par la conscience. La Mandorle, l’auréole sacrée, appelée aussi « Œil de Dieu » est tressée de spiritualité, de pulsion de vie et d’ordre. Elle évoque aussi la vulve, la matrice de vie, la porte et voie d’accès au Monde. A l’instant de la mort nous ouvrons la porte de ce monde inconnu, c’est le sens ultime de cette mandorle, elle figure une porte sur l’éternité de l’au-delà de la vie, l’au-delà du monde. Le Monde nous invite à réaliser l’âme humaine, substance intermédiaire entre la matière et l’esprit, comme la définissait Jung afin de se confondre et s’unir sur un axe collectif, un axe du monde qu’il nomma « Ame du Monde ». Réaliser son âme humaine individuelle c’est réaliser l’âme du monde. Cet axe collectif traversant chaque âme individuelle, donc chacun d’entre nous. Autour de la mandorle, trois des quatre vivants sont auréolés sauf le taureau de couleur chair, qui est le signe que le corps est abandonné. Entre taureau et lion le haut d’une couronne fait le pont pour que la chair accède à l’esprit. L’aigle et le lion, tous deux de couleur or, sont des symboles alchimiques ; l’aigle (mercure) représente le « solve » de la formule, il est l’anima, l’âme ; le Lion (sulfur) est l’âme des métaux, le coagula, l’esprit, l’animus. Le sel en est la conséquence, de couleur chair au centre de la mandorle (le corps incarnant le monde matériel). Le passage vers l’autre monde se voit bien, à droite de l’androgyne on a le Passé, ange et taureau de couleur chair, à gauche l’aigle et le lion de couleur or, symbolisent le passage de l’Humain au Divin. Cette séparation est à souligner, avec d’un côté les signes royaux du lion et de l’aigle, et les signes terrestres, mémoriaux du taureau et de l’homme. Cela identifie le lien entre le matériel (bœuf et homme) et le spirituel, entre le réel et le spirituel. Cette dualité existentielle est la charnière entre le bien et le mal, ou le jour venu, il faudra rétablir l’équilibre, et alors ce sera alors l’apocalypse. La signification d’« Apocalypse » c’est découvrir, dévoiler ce qui était caché. C’est lever le voile de la Papesse (arcane n°2) Il ne s’agit donc pas de mort ou de destruction, mais bien plutôt de révélation et de connaissance intelligible. Mais l’Apocalypse reste un livre secret, scellé des « sept sceaux » (7 fois 3 = 21 arcanes du tarot). Comme nul homme ne peut prétendre en découvrir le message ni en comprendre les énigmes qui s’y trouvent, comment dès lors approcher cet antagonisme entre la révélation à tous, alors qu’aucun homme ne peut en comprendre le secret ? Voilà TOUT ce que révèle l’arcane 21 du Monde, l’Apocalypse est à la fois un chemin personnel et collectif dont l’échange sous le manteau des arcanes du Tarot, permet de décrypter le mythe de l’Apocalypse. Chaque homme a ainsi la possibilité de comprendre son histoire intérieure individuelle qui s’inscrit dans un collectif universel. Après le cheminement dans le Tarot, décoder l’arcane du Monde revient à expliquer l’avènement du Soi de l’homme. Le Christ de l’Apocalypse, représente l’homme réalisé, non pas fils de dieu, mais bien fils de l’homme. L’histoire de l’individu s’inscrit dans l’histoire collective car si chacun est une part du Tout, le Tout demeure entier. Donc chaque histoire humaine individuelle permet à l’histoire collective de se révéler jusqu’à la fin des temps. Ainsi le mythe de « L’Apocalypse » par la lecture du Tarot traduit l’histoire de la vie dans sa finalisation d’harmonie, la cohérence de la mort partie intégrante de la logique du vivant et la transformation perpétuelle de la vie. C’est la clé ouvrant sur la vérité d’une pérennité de la conscience. L’arcane 16 de la Maison Dieu démontrait la destruction du temple matériel car l’homme se doit de chercher avec humilité la Jérusalem Céleste qui ne pourra qu’entrer en lui. C’est dans l’intimité de sa transformation intérieure qu’il trouvera le salut. L’arcane du Monde est donc celui de la révélation, après l’enlèvement du voile de la Papesse, sans oublier l’importance du Jugement (arcane n°20), afin qu’il aille vers sa propre réalisation dans sa compréhension du monde. Il trouvera dès lors son harmonie personnelle. La fin du Monde est symbolisé par la dualité des 4 vivants de l’arcane, dont, rappelons-le, deux symbolisent l’achèvement de ce monde ci, matériel et temporel, et les deux autres l’avènement d’un monde spirituel et éternel, où le passage est l’épanouissement individuel dans un monde devenu autre. Le voile enlevé autour de cette porte (dissimulée derrière les colonnes de la Papesse qui tient le livre de chair), fait comprendre le monde d’après, celui du beau. Le beau c’est le bien qui se fait aimer. L’arcane du Monde est celle de l’Apocalypse… Apocalypse qui n’est que la révélation de nous-mêmes.