jeudi 23 avril 2015

L'aveugle

Après des rimes issues d'agapes arrosées et pour le moins légères, évoquant de fortes amitiés, je vous propose ce sonnet, qui vous l'aurez compris depuis l'ouverture de ce blog est mon genre préféré.




L'aveugle

Sous un ciel au bleu pur, la mer chantait plus bas
Près de moi, sur la plage, en face de ces choses
On menait un aveugle en lui tenant le bras
Ses ténèbres occultant ces si lointains grandioses.

Il s’en allait, voûté, mélancolique et las
Avec des gestes flous, d’interminables pauses
Face aux flots de clarté de ces apothéoses
Ces deux infinis bleus, il ne les voyait pas.

Soudain ce fut touchant, plus que je ne peux dire
Grâce à l’accompagnante au regard clair et sur
Sur les traits de l’aveugle apparut un sourire.

En s’extasiant pour deux, lui décrivant le site
Au pauvre cœur plein d’ombre elle expliquait l’azur
Et l’aveugle lui dit : « je vois… Je vois petite ».

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